Housse de Racket-Alésia : pop sous acide

                                      article paru à l’origine sur 97ruedurock.com

Housse de Racket, duo frenchy mais assumant son penchant anglo-saxon présente son deuxième album : Alésia. On refait le match pour vous!

 Au départ, deux garçons rencontrés sur les bancs du lycée à Chaville, dans les Hauts-de-Seine : Victor le Masne et Pierre Leroux. Respectivement batteur et guitariste passés chez leurs confrères Air et Phoenix (excusez du peu), ils décident par la suite de se retrouver et fondent Housse de Racket, étrange objet pop-funk-électro alternant français et anglais sans complexe, dans un échange enflammé.

Ils se construisent une petite réputation internationale en assurant la première partie dePhoenix, qui porte fièrement l’étendard du rock français assumant ses inspirations anglo-saxonnes depuis le triomphal Wolfgang Amadeus Phoenix. Après un maxi éponyme en forme d’amuse-gueule pour la presse, le duo sort en octobre 2008 son premier album : Forty Love, propulsé par le tube “Oh Yeah!”, balade énergique tout en refrain langoureux et guitares frénétiques, agitant les mèches de tout un chacun.

Sur ce premier album, Housse de Racket navigue allègrement entre électro tendanceJustice (“Forty Love“, la très réussie “Synthétiseur“, “Le Virage“), pop-funk enjouée (“Gwendoline“, “Sur Le Papier“, “1-2-3-4“, “Dans l’Avion“) et même un peu de bossa nova ensoleillée avec “Pacific Sunset“. Quelques pépites en forme d’OVNIS musicaux fendent également l’air, comme “Le Rendez-Vous“, où le parlé-chanté à la Gainsbourg mêlé à un synthé kitchissime façon La Boum prête à sourire : “Et dans un élan aussi brusque que soudain/Je me lance vers elle et je lui tends la main/Mais sa poubelle vient troubler ce tableau serein/Je me prend la décharge de la jambe nicolin.“.

Trois ans après cette première galette très “teen-pop”, Victor et Pierre reviennent envahir les ondes avec un nouvel album survolté : Alésia, sorti sur le classieux Kitsuné Records, à qui l’on doit notamment la découverte d’Outre-Manche Two Door Cinema Club. Si le nom de l’album rend hommage à la France gaulloise, le duo n’hésite pourtant plus à brandir la langue de Shakespeare sur des titres pop d’envergure, à l’ambition assumée, puisés directement à  la prise de courant. On pense ainsi à “Roman“, “Château“, “Les Hommes et les Femmes“, et “TGV“, aux synthés 80ies irrésistibles, et la basse funky à souhait, donnant une ambiance lounge réussie.

Terminées, donc, les blagues d’ados et titres livrés à la va-vite époque Forty Love, et place à des compos pop travaillées et taillées pour le dance-floor, débordant d’exubérance comme “Human Nature“. Deux facteurs expliquent cet important pas en avant :  l’orgue omniprésent, mais surtout, le travail du duo avec le producteur ultra-doué Philippe Zdar, “responsable”, notamment, de la tuerie Wolfgang Amadeus Phoenix, membre du duo électronique Cassiuset co-fondateur de Kitsuné Records. Le groupe s’essaie même -et plutôt bien- à l’afro-pop façon Vampire Week-End sur “Apocalypso” et frôle le psychédélisme (volontairement ?) pompeux sur “Alésia” et “Ariane“, tandis que l’influence de Phoenix se fait nettement sentir sur “Chorus“. L’album se clôt sur l’angoissante “Empire“, où la voix tout en réverbération de Pierre semble venir de limbes lointaines.

Composite, très fourni, flamboyant, pas toujours très digeste, Alésia permet tout de même au groupe de réussir le passage toujours compliqué du deuxième album, parvenant à donner un cadre plus structuré à l’énergie un peu brouillonne des débuts. Encore un petit effort, la balle de match n’est sûrement plus loin.

Alésia, Housse de Racket. Disponible dans les bacs et en téléchargement légal. Concerts : le 23 septembre à Clermont-Ferrand, le 24 à Angers, le 1er octobre à Marseille, le 6 à Toulouse, le 14 à Nantes, le 20 à Paris (Gaîté Lyrique), le 21 à Metz, le 22 à Meaux, le 29 à Arles, le 4 novembre à Rennes, le 12 à Lorient, le 25 à Vauréal, le 26 à Tourcoing