This Haunting Sound

May 28

Ma chanson du dimanche 27 mai 2012

Penny Lane-The Beatles

from Magical Mystery Tour (1967)

Ce week-end, je suis allée à Liverpool avec une très bonne amie que je n’avais pas vue depuis (trop) longtemps. C’est elle qui avait suggéré l’idée d’un petit voyage dans la ville des Beatles pour célébrer nos retrouvailles. Au départ, je ne savais pas trop quoi en penser.

Il faut dire que je m’intéresse plus au rock “actuel”, mais depuis un peu plus d’un an, je m’efforce à écouter des groupes emblématiques sans qui ce rock actuel, justement, ne serait pas.

A commencer par les Beatles, que j’ai appris à connaître dans mon cours d’Histoire du Rock assuré par le journaliste rock Julien Bitoun, à Sciences Po, pendant ma première année de licence universitaire. J’ai pu y comprendre l’importance de ce quatuor, précurseur de la popular music, maintenant dite “pop music”. Une musique qui parle à tous, tout en sachant garder un côté excentrique propre à la Britishness, entre bonnes manières et trips cosmiques. 

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, sorti en 1967, est celui qui me fascine le plus. Réalisé suite à leur voyage en Inde, où ils ont expérimenté à haute dose drogues et hallucinatoires et méditations incantatoires, il se distingue de leurs sept précédents albums, beaucoup plus sages et lisses. On peut y écouter la célèbre Lucy In The Sky With Diamonds, écrite par Lennon s’inspirant d’un dessin de son premier fils, Julian.

Cependant, je suis surtout devenue obnubilée par la chanson de clôture, A Day In The Life, dont l’écriture a été scindée entre McCartney et Lennon. Je l’ai entendue pour la première fois durant mon cours d’Histoire du Rock, et elle me hante régulièrement depuis. Chimérique, elle commence par une douce balade guitare acoustique-piano interprétée par Lennon, jusqu’à ce qu’un tourbillon de cordes inquiétant ne l’emporte dans une valse de cuivres tonitruants. L’épopée se termine dans une tempête orchestrale assourdissante, le piano en donnant le dernier glas, glacial. 

Ce week-end à Liverpool n’a fait que renforcer mon envie d’écouter de fond en comble la discographie immense du groupe. Nous avons pèleriné (oui, c’est bien le mot adéquat) de Princes Park à la maison d’enfance de Paul McCartney, située au 20, Forthlin Road. A notre arrivée, après une heure et demie de marche sous un soleil de plomb (coups de soleil à l’appui), nous avons bifurqué à droite depuis Mather Avenue, où était stationné un “Magical Mystery Tour Bus”, aka un bus aux couleurs psychédéliques transportant des hordes de Beatles fans aux quatre coins de Liverpool pour la modique somme de 15,95£, exactement le même prix que le musée The Beatle Story sur l’Albert Dock. Mais nous étions des warriors, et accessoirement des étudiantes fauchées, alors tout cela nous paraissait bien trop facile. Et cher.

Nous avons eu de la chance : la cinquantaine de personnes agglutinée devant la maison de Paul est vite retournée gentiment dans son bus, et nous a fait place. J’avoue avoir été un peu étonnée de la simplicité de la maison : petite, avec un jardin carré, des bosquets bien taillés et des murs de brique flamboyant au soleil, elle n’avait rien de plus que ses voisines adjacentes. Au final, c’est ce qui m’a le plus plu. Je m’attendais à un site de foire, avec une centaine de curieux se prenant en photo les uns après les autres, ôtant toute intimité à l’instant. Aussi, après quelques photos de touristes/fans hystériques, nous nous sommes posées sur le trottoir d’en face pendant une petite demi-heure, à observer cette maison vivre dans son environnement habituel, qui n’a sûrement pas beaucoup changé depuis les années 60. On a même rêvé à l’enfance de McCartney, dans ces suburbs posh de Liverpool, où il ne devait pas y avoir grand chose à faire. A part composer.

Auparavant, nous étions également passées par Penny Lane, petite rue montante tout ce qu’il y a de plus ordinaire, et pourtant célébrée dans la chanson du même nom. On y trouve aujourd’hui un barbier appelé The Barbers, reprenant la même typographie que celle utilisée pour le double album blanc. D’abord présente sur un double single figurant en deuxième face Strawberry Fields de Lennon, elle fut écrite par McCartney, qui n’a donc pas habité bien loin, et figura finalement sur le Magical Mystery Tour LP de 1967.

Le lendemain, nous avons fait une halte dans un magasin consacré aux Fab Four, situé à l’angle de Mathew Street, officieusement rebaptisée « Beatles Street ». C’est dans cette rue que se situait le célèbre Cavern Club, pub/salle de concert enfoui sous terre, dans lequel le groupe a joué 274 fois. Des centaines d’autres groupes/artistes s’y sont également produits, leur passage étant commémoré sur le mur de briques entourant l’actuel Cavern, devenu pub depuis. Une statue de John Lennon y est nonchalamment adossée. Un peu plus loin, on peut voir le refrain de Imagine gravé sur une plaque, au-dessous de laquelle une caméra CCTV opère. Un contraste à la fois amusant et effrayant avec les notions de liberté et de paix promues par Lennon.

De l’autre côté du mur, le Liverpool Wall of Fame célèbre les artistes originaires de la ville, avec une grande place dédiée aux Beatles bien sûr, mais on peut aussi y voir Frankie Goes To Hollywood, entre autres. Surtout, une longue bande est encore vide, prête à accueillir les futurs talents liverpudliens. Gageons que cela arrivera. 

May 20

     Ma chanson du dimanche 20 mai 2012

              Disorder-Joy Division

           from Unknown Pleasures (1979)

Petit article hommage alors que cette semaine, Ian Curtis nous a quittés depuis 32 ans. Homme ambivalent, à la fois très sensible mais pouvant se montrer intransigeant voire cruel avec ses proches (lire la biographe de sa femme Debbie Woodruff : Touching From A Distance), atteint d’épilepsie et se sentant dépassé par le succès immédiat du groupe, a changé malgré lui l’histoire du rock britannique. Compactant la guitare au minimum, lui faisant racler le sol, et même, creuser des souterrains tortueux dont on ne ressort jamais indemne. 

Aujourd’hui, des milliers de groupe se réclament de son influence et voire, lui prêtent allégeance. On pense à New Order, bien sûr, formé à partir des membres orphelins de Joy Division, Kraftwerk, The Cure, The Smiths, et plus récemment, The Horrors, Klaxons, White Lies, O CHILDREN. J’en oublie volontairement, car la liste serait trop longue. 

Disorder et ses lyrics hantées (I got the spirit/But loose the feeling), incarne bien la vie intérieure trouble de Curtis, entre ombre et lumière. C’est également ma chanson favorite du groupe, entré dans ma vie il y a presque 5 ans, avec la sortie du magnifique bio-pic Control d’Anthony Corbijn, retraçant en noir et blanc la vie de Curtis de son adolescence à son suicide. On ne pourrait imaginer son monde coloré autrement.

Apr 22

Ma chanson du dimanche 22 avril 2012

First of My Kind-Miles Kane

Euphorie. 

Apr 16

Ma chanson du dimanche 15 avril 2012

Wake Up (Live at Coachella)-Arcade Fire

from Funeral (2004)

Je sais, j’ai à nouveau un jour de retard, mais j’ai aussi à nouveau des circonstances atténuantes, qui m’ont justement fait pencher pour ce live titanesque (JEU DE MOTS JEU DE MOTS) d’Arcade Fire à Coachella.

Tout d’abord, Arcade Fire, que j’ai découverts sur le tard avec leur merveilleux troisième album The Suburbs, qui a accompagné mon été 2010 avec brio, et me suis encore depuis. Arcade Fire, formation de 7 camarades canadiens pulsée aux amphétamines, des hymnes euphoriques à te réveiller un mort. 

Aussi, Coachella, qui se termine aujourd’hui, et qui reste un peu mon saint-Grââl des festivals de musique. COACHELLAAAA, COACHELLAAAAAA, JE VEUX L’AVOIR ET JE L’AURAIIIII. Quand je serai riche, (sic).

Surtout, ces précises circonstances atténuantes ont entamé une fanfare pareille à Wake Up dans ma tête. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. 

Apr 9

          Ma chanson du dimanche 8 avril 2012

                 Goodbye-Best Coast

             from Crazy For You (2010)

Oui, bon, il doit bien encore être dimanche quelque part, non ? J’étais trop affairée à me goinfrer de chocolat bon marché devant la télé pour jouer à la geek.

Plus sérieusement, pourquoi cette chanson, POURQUOI CE GROUPE ?

L’année (mon année Erasmus, je précise) approche de sa fin, je suis déjà en période assez bâtarde de vacances/révisions où je me sens aussi productive qu’un mollusque. Aussi, quand Bethany susurre “I can’t get myself off the couch/ I don’t wanna talk to anyone else/And I don’t know which way to go”, forcément, je me sens concernée.

Or, il y a quasiment 365 jours, j’étais dans la même configuration, sauf qu’il s’agissait bien plus de rabâchage peu ragoûtant de fiches d’histoire des relations internationales au XXI siècle qu’autre chose. Nostalgie, quand tu nous tiens.

Aussi, j’ai eu un gros “coup de foudre” (je déteste cette expression mais je ne suis pas en mesure d’ouvrir mon dictionnaire des synonymes) pour Best Coast. Tout simplement, dès lors que les premières notes retentissent, je me sens catapultée sur les plages de Venice Beach, short en jean et marcel blanc laminé, à siroter un diabolo fraise (sans alcool, la fête est plus folle, rappelons-le). ET CA FAIT DU BIEN, L’ÉVASION. En même temps, “Best Coast” fait référence aux plages de Californie, justement. LA VIE EST SACRÉMENT BIEN FOUTUE.

J’adore les guitares suintantes, la langueur du chant de Bethany Cosentino, ses “wooohooo” interminables qui m’affublent d’une mélancolie impromptue.

Et puis, “I lost my job/I miss my mum/I wish my cat could talk” ont figuré pendant de longues semaines sur le rappel-tout de mon frigo. Et ça a fait rire pas mal de monde.

Surtout, je suis loin d’être convaincue par le nouvel effort du duo The Only Place, aseptisé au banjo de cowboy plus si fringuant. Alors que leur prochain album ne va plus tarder à sortir, j’ai peur et préfère me replier sur Crazy For You. Alea jacta est.

Apr 1

        Ma chanson du dimanche 1er avril 2012

       Tell Me Something I Don’t Know-Herman Düne

           from Strange Moosic (2011)

Une chanson “feel-good” pour ce beau dimanche ensoleillé, what else ? Il s’agit de Tell Me Something I Don’t Know, duo français folk composé des frères David-Evar et Névam, et qui en est actuellement à son troisième album studio. Une jolie et créative formation, héritière de Cat Stevens et Neil Young.

Le clip est également une petite merveille, mettant en scène la rencontre improbable entre Jon Hamm (le publicitaire séducteur Don Draper dans Mad Men, qui vient de recommencer) et une petite bête bleue croisant Chewbacca pour la fourrure, R2D2 pour les couinements avec le bleu électrique de Stitch.

Mar 25

          Ma chanson du dimanche 25 mars 2012

           Always Where I Need To Be-The Kooks

                    from Konk (2008)

C’est un peu mon état d’esprit en ce moment, alors que cette année à Londres penche doucement vers sa fin. Je me rends compte de la chance inouïe qui m’a accompagnée jusqu’à présent. Surtout, elle me rappelle les années lycée et le chemin parcourut depuis. Les longues soirées à rêver d’ailleurs le front collé contre la fenêtre ne seront pas restées vaines. 

Mar 11

Ma chanson du dimanche 11 mars 2012

Suck It And See-Arctic Monkeys

from Suck It And See (2011)

Si j’ai choisi cette chanson, c’est pour sa schizophrénie. Son talent à raconter l’amour façon “Je t’aime, moi non plus”, mais de manière bien plus sauvage que ne le fit Serge en son temps. La voix nonchalante d’Alex Turner tranche avec des paroles crues et sans fards : “Be cruel to me, cause I am a cool for you”. Qui n’a jamais connu ça ? Ce mélange tout à la fois asphyxiant et enivrant d’amour-haine frôlant en permanence la destruction de soi et de l’autre. 

Enfin, pour celles et ceux qui en douteraient encore, Arctic Monkeys sont les Beatles du XXIème siècle. Voilà, c’est dit. 

Pourquoi ? Car en 5 albums, aucune faiblesse n’a été détectée. Aucune. Que ce soit dans la musique, qui opère une douce évolution du rock garage anglais élevé à la Guinness façon I Bet That You Look Good On The Dancefloor au rock américain poussiéreux et brûlant de soleil avec leur dernier opus Suck It And See. Avec une banane façon Elvis Presley et des biceps saillants sortis de nul part pour le leader Alex Turner, que l’on a pourtant connu gringalet mal engoncé dans ses survêtements Adidas. 

Ces jeunes me fascinent, tout simplement. Partis de rien, du fin fond de leur Sheffield perdu, le succès fou de leur premier album Whatever People Say I Am, That’s What I Am Not, aux titres de chansons follement longs, a embrasé la planète rock d’un feu ardent qui ne s’est jamais éteint depuis.

Et en concert! Je les ai vus à l’automne dernier au 02 Arena, le Bercy de Londres. L’ambiance était folle. Les gens scandaient en choeur les paroles, et ont abandonné tout comportement socialement acceptable sur Mardy Bum, apparemment leur titre le plus populaire ici. Aussi, sitôt la première chanson entamée, j’ai reçu la moitié d’un verre de bière sur la tête. Oui, car en Angleterre, il y a un sport national méconnu Outre-Manche : le lancer de bière au-dessus de la foule pendant les concerts. Etrangement, ça ne m’a pas gênée le moins du monde. Après tout, j’étais venue à Londres pour expérimenter les concerts anglais, alors autant le vivre à fond. 

Je me souviens encore de ma fébrilité alors que j’en tenais un exemplaire, quelques semaines après sa sortie. Les magazines de musique (notamment feu Rock Mag) ne tarissaient pas d’éloge sur cette bande de potes précoces. J’avais 16 ans. Et j’effectuais alors un revirement tranquille de groupes plutôt noirs comme Linkin Park vers le rock indé. 

C’était le milieu des années 2000, qui voyait l’explosion de ce nouveau genre de rock. Notamment, Domino Records commençait à sortir du lot grâce à Franz Ferdinand, The Kills et Arctic Monkeys, donc. On passait d’un rock industriel parfois trop lourd, à un rock épuré, né dans les garages et les petites compétitions musicales.

Arctic Monkeys a grandi en même temps que Domino Records. Et moi avec. 

Mar 3

       Ma chanson du dimanche 4 mars 2012

            La Forêt-Lescop

          from Lescop-EP (2011)

Révélation parvenue jusqu’à mes oreilles par les soins de la meuf talentueuse ayant enfanté ce petit prodige : planculturel.com. Et qu’on se le dise : c’est BIEN plus qu’un énième site culturel avec 30 visiteurs. Y’a pas de branlette intellectuelle. Juste de la passion et beaucoup de travail. À bon entendeur.

Pour en revenir à la chanson, j’ai adoré y retrouver un côté Étienne Daho dans le phrasé haché et incantatoire, porté au goût du jour grâce au sample entêtant. Mathieu, de son prénom, chanteur de feu Asyl, livre un rock glacé et dansant comme je l’aime. Soutenu par Johnny Hostile (batterie, basse, omnichord, percussions) et Gaël Etienne (guitare, basse, clavier), prépare-t-il une nouvelle vague à déferler en France et ailleurs ?

Feb 26

        Ma chanson du dimanche 26 février 2012

                I’m Good, I’m Gone-Lykke Li

                    from Youth Novels (2008)

Vous ai-je déjà dit que Lykke Li est ma déesse personnelle ? 

Sérieusement, j’estime qu’elle est la meilleure artiste féminine de la décennie. Et les années à venir.

Pourquoi ? Parce que non-contente d’écrire tous ses textes poignants sur l’amour et ses travers, sans concession ni fards, elle offre une musique sauvage, tribale, à coup de mains claquées,  choeurs célestes, cymbales martelées sans respect. 

Ecouter Lykke Li frôle de près le trip mystique.

Elle est “empowering”, comme dirait nos amis anglais. Elle me donne envie de danser partout, monter sur le capot des voitures, courir à en perdre haleine, vivre à l’instant.

J’aime sa gueule différente, son regard insolent, ses capes noires portées en concert. 

Elle est ce que la Suède a de meilleur à offrir. Avec les Krisprolls. 

“ And if you say I’m not ok

with miles to go

If you say there ain’t no way that i could know 

If you say i aim too high from down below,

Well, say it now ‘cause when i’m gone 

You’ll be callin’ but i won’t be at the phone”